PREMIERE PARTIE : Le succès d’une formation à distance dépend d’une bonne gestion de l’interactivité, d’une pédagogie axée sur le savoir-faire et d’un compromis parfaitement dosé entre formation présentielle et formation à distance
1.1 Un nouvel outil plus ludique et interactif
1.1.1 Une Formation à distance plus claire, plus accessible et de meilleure qualité que ses prédécesseurs
Beaucoup d’entreprises et de banquiers se souviennent du succès promis de la formation à distance et de tous les nouveaux concepts basés sur des «e-…». La formation à distance d’aujourd’hui doit dorénavant d’une part se reconstruire sur les bases de l’ancien tout en repensant ses piliers. Et d’autre part, donner une nouvelle image plus prometteuse et valorisante sans pour autant succomber dans l’euphorie passée. Pour se faire, il faudra d’ailleurs convaincre les anciens optimistes qui constituent à l’heure actuelle les plus sceptiques.
En effet, nous avons recherché quelles avaient été les lacunes et les problèmes de certains types de formation à distance implémentés. Nous avons été surpris que la plupart des projets avaient oublié les principes fondamentaux… Des entreprises n’ont pas eu de mal à l’époque pour débloquer des sommes conséquentes pour l’implémentation de leur projet. Mais les contraintes temporelles et d’objectifs étaient si pressantes qu’ils ont développé à tout va sans s’accorder le temps nécessaire à une conception réfléchie. Il n’existait pas non plus de cohérence dans leur démarche pédagogique de formation.
C’est pourquoi nous demeurons actuellement persuadés qu’il existe certains principes de base qu’il faut absolument respecter, cela même si la logique de l’entreprise est d’être toujours plus pressée pour mettre en exergue les valeurs de compétitivité et de réactivité sur le marché. Car si ces principes sont respectés, ils pourraient devenir des règles d’or qui garantiraient une certaine norme. Et qui dit norme dit standardisation. Par là, le temps à y consacrer tendrait de plus en plus, non pas vers zéro ce qui reviendrait à commettre les erreurs du passé, mais du «juste-à-temps[1]» qui représenterait le parfait équilibre entre l’implémentation des principes de base dans ces nouveaux outils d’optimisation de processus de formation et les contraintes temporelles imposées par le marché.
Le premier principe de base est la clarté. A quoi sert des écrans qui sont remplis de manière surabondantes de textes, d’images, de vidéos, d’animations ou autres? Il convient d’agencer les différents éléments d’une page de manière à attirer les regards sur les zones les plus importantes. Pour se faire les concepts de marketing et de communication doivent être présents à l’esprit. Nous pouvons par exemple citer la règle des trois clics[2] pour atteindre l’information visée ou encore la limitation au maximum des barres de défilement sur les pages.
Par ailleurs, chaque module de formation se doit de bien prendre en considération quel est son auditoire, sa cible marketing. Si par exemple, on se destine à un public d’hommes de terrain qui ne sont pas pour la plupart des personnes enclins à utiliser les nouvelles technologies, il faudra se diriger vers une interface simplifiée au maximum leur permettant une initiation sans heurt, sans difficultés et en minimisant les délais d’adaptation. Le principal est alors de les familiariser à ces nouvelles technologies en leur montrant que cela constituera un plus et sans leur demander des efforts insurmontables. Pour y parvenir, nous pourrons recourir à un apprentissage plus ludique, sous forme de découverte, idées que nous développerons dans les parties suivantes.
Mais le terme clarté est aussi intéressant dans le sens où pour que le contenu à présenter soit précis, bien défini, il faut qu’il le soit dans l’esprit de ses concepteurs. A ce titre, il est primordial que la clarté soit synonyme d’organisation de la pensée et de la structure. Cela peut aussi permettre à tous les différents intervenants dans le projet de se clarifier les idées. C’est pourquoi lors de la réalisation du cahier des charges ou du recueil des besoins, avoir un aspect visuel permet à tous de s’accorder de manière plus aisée. Ne soyons pas non plus utopique car tout le monde sait qu’il est impossible que tout le monde adhère aux même concepts ou aux même notions. Dans ce cas courant, il faudra alors se plier aux désirs hiérarchiques s’ils sont fondés (et non pas imposés!) ou alors au principe dont tire l’essence même de notre constitution: la démocratie. Avec une décision qui sera adoptée par la majorité. A défaut de contenter tout le monde, elle n’offense que le minimum.
Le second principe de base concerne l’accessibilité. Ce terme peut être ambivalent car d’une certaine manière, il recoupe le premier principe de base évoqué plus haut. Mais aussi le fait qu’il puisse être disponible de partout, ce qui constitue le premier avantage lorsque l’on songe à la formation à distance. Dans cet objectif, il faut alors prendre conscience que cela demande une certaine faisabilité technique. Si les technologies d’aujourd’hui sont en perpétuelles évolutions, il ne faut pas omettre de songer à leur adéquation sur le terrain. Quel serait l’utilité d’uneformation à distance techniquement parfaite avec des effets majestueux si ce dernier met des heures à se télécharger ou pour faire défiler les pages? Nous perdrions là notre crédit à l’égard d’un outil qui se dit d’optimisation du processus de formation. Il convient alors de concevoir et de réaliser un outil qui se dirige vers une amélioration du quotidien de l’entreprise et de la gestion de ses formations, plutôt que de créer des problèmes à d’autres niveaux.
Accessibilité en informatique ou sur une plateforme de formation signifie aussi donner les accès pour pouvoir consulter tel ou tel module. Si cela existe déjà dans les entreprises, il convient de distinguer ce que l’on peut définir par l’administration pure[3] de l’administration portail de formation[4]. Il est très vraisemblable de penser que les contenus de formation une fois créés se doivent de correspondre à des populations précises. Il est alors judicieux de les dissocier dans les droits d’accès[5] et de les organiser de façon à mixer tout ce qui comporte l’annuaire, les absences, les cours suivis, … pour des formations présentielles comme pour des formations en ligne. Puisque l’un doit impliquer l’autre et ce de manière réciproque. Cela signifie que des modules de formation à distance peuvent être intéressants pour des connaissances de base (plus précisément des prérequis) et ne nécessitent pas des cours en présentiel pour ces acquis de formation précédentes. A l’inverse, des cours en présentiels peuvent être intéressants même sur des concepts très théoriques afin de débattre d’idées, d’opinions. Nous sommes alors en droit de penser que de nouveaux postes se créeront dans le domaine de l’administration de formation. Car d’une part les administrateurs purs[6], déjà débordés ne pourront pas prendre en charge ce surplus de travail et d’autre part, les concepteurs, ceux qui implémentent les formations voudront qu’elles s’inscrivent dans une ingénierie pédagogique pensée et mûrement réfléchie. Par ailleurs, il est presque inutile de préciser que notre savoir, notre société elle-même tend vers une capitalisation du savoir via l’informatisation. A titre d’exemple, on peut citer la bibliothèque nationale de France[7] qui a décidé de s’attaquer aux savoirs que regorgent le net. Cette tendance aura très vraisemblablement comme conséquence d’amener les savoirs à s’informatiser dans les bibliothèques. Ces dernières devront alors évoluer afin de demeurer les témoins privilégiés de notre civilisation.
Le dernier principe de base qu’il faut souligner est la qualité et la richesse du contenu proposé. Rien ne sert de vouloir produire des pages et des pages pour vouloir mettre tout en ligne. Certaines étapes, certains modules de formation ont un intérêt plus profond à être mis en ligne que d’autres. Cela ne veut pas dire qu’ils doivent simplement correspondre à du texte ou du powerpoint mis en ligne. Non, il faut qu’ils concernent un contenu pédagogique de qualité valorisé par l’utilisation judicieuse des nouvelles technologies[8].
Cela peut prêter à sourire lorsque le Gartner Group[9] déclare tout simplement que «la formation à distance de demain sera une formation à distance de qualité». Tout le monde aurait pu y songer mais cela témoigne bien de notre incapacité à innover tout en gardant à l’esprit les aspects fondateurs, pourtant porteurs de la réussite de demain. Mais le terme qualité pour l’informatique peut être sujet à débats, car tout le monde peut publier du contenu sur son site. C’est pourquoi il apparaît essentiel que des systèmes de label de qualité soient développés[10]. Et cela aussi bien pour des sites, des contenus de formation, des théories, des cours… Après tout, il est quasiment impossible de contenir la toile, alors pourquoi pas l’amener à valoriser certains contenus plutôt que d’autres. Ainsi nous laisserons le soin à l’Homme de choisir selon son libre-arbitre vers quel type de site, vers quel type de formation, il préfère s’orienter… Cela s’inscrit alors dans la continuité des bibliothèques de connaissances qui seront porteuses de la connaissance pour tous, mais d’une connaissance maîtrisée et utile au salarié comme à l’entreprise.